Issu de la tribu Essoké de l’ethnie Fang, Léon Mba naît le 9 février 1902 à Libreville. Son père, Ysidore Minko-Mi-Edang, gérant de commerce, aurait été un temps le coiffeur de Pierre Savorgnan de Brazza. Sa mère, Louise Bendome, était couturière. Tous deux sont allés à l’école et furent parmi les premiers « couples évolués » de Libreville. En 1909, il entre au séminaire de Libreville pour ses études. Brillant élève, il y obtient son brevet élémentaire.
À partir de 1920, il devient tour à tour employé de magasin, exploitant forestier, commerçant, puis entre dans l’administration coloniale française comme commis des douanes. 1922, il écrit à Edmond Cadier, lieutenant-gouverneur du Gabon. Mais, ses remarques dérangent, et il en subit les conséquences. En décembre 1922, il est puni d’une peine de prison au lieu d’une simple amende.
En 1931, la secte Bwiti à laquelle il appartient est accusée du meurtre d’une femme dont les restes sont découverts près du marché de Libreville. Accusé de complicité, même si sa participation au crime n’est pas prouvée, Léon Mba est condamné à trois ans de prison et dix ans d’interdiction de séjour au Gabon. Il est envoyé en détention en Oubangui-Chari, tout d’abord à Bambari puis à Bria. En 1942, une réduction de peine lui est accordée. En 1946, il rentre au Gabon où il est triomphalement accueilli par ses amis. Cette même année, il fonde le Comité mixte gabonais (CMG). Jouant sur son passé d’ancien exilé, et grâce au réseau du Bwiti, il parvient à rassembler autour de lui les Fangs du sud ainsi que certains Myènè. Son but est alors de conquérir les postes administratifs et judiciaires indigènes.
En août 1953, le CMG fusionne avec le Parti démocratique gabonais (PDG) de Paul Gondjout pour donner naissance au Bloc démocratique gabonais (BDG) avec Gondjout comme secrétaire général et Mba comme adjoint.
Aux élections municipales de 1956 où les listes présentées sont au collège unique (Africains et Européens confondus), Léon Mba reçoit le soutien financier des colons, et tout particulièrement celui du forestier Roland Bru. Il remporte la mairie de Libreville avec 65,5% des suffrages, devenant ainsi le 23 novembre, le premier maire de la capitale. Le 21 mai 1957, à la suite de l’élection du gouvernement, Léon Mba est nommé vice-président du Conseil du gouvernement. Après un « oui » massif au référendum sur la Communauté franco-africaine du 28 septembre 1958, le Gabon accède à l’autonomie. En décembre 1958, l’Assemblée vote sa transformation en Assemblée législative, puis promulgue le 19 février 1959 la constitution de la République du Gabon. Le 27 février, Léon Mba est nommé Premier ministre.
Le 17 août 1960 à minuit, Léon Mba proclame solennellement l’indépendance du Gabon dont il devient le premier Président. Le 4 novembre 1960, une constitution de type parlementaire est adoptée. Les électeurs sont appelés à voter de nouveau le 12 février 1961, pour des élections législatives et présidentielles jumelées. Léon Mba et ses partisans de la liste de l’Union nationale obtiennent 95% des voix. Le 1è février 1961, une nouvelle constitution est votée. Elle est de type présidentiel. Le Président Léon Mba, Père de l’Indépendance, décède à Paris (France) le 27 novembre 1967





