Georges Damas Aleka est né en 1902 à Libreville. Après de brillantes études primaires à l’école Mont-Fort, il entre rapidement dans la vie active. De 1924 à 1939, il est employé de banque, puis agent de la Compagnie des Chargeurs réunis de 1939 à 1959. Auparavant, il a été conseiller du Gabon auprès du gouverneur général de l’Afrique équatoriale française(AEF) à Brazzaville de 1943 à 1946.
Georges Damas Aleka fait son entrée en politique de façon fracassante. Il prend la tête de ceux qui dénoncent vigoureusement la politique de discrimination raciale de l’administration locale. En effet, dès 1938, il s’insurge contre les droits spéciaux créés par décret du gouverneur RESTE qui octroit un régime de faveur aux Métis au détriment des Noirs dans la colonie : droit de poursuivre des études secondaires, ouverture d’internat, accès plus facile au travail. En 1943, les Métis obtinrent un symbole de leur statut avec l’ouverture du « Cercle des Métis », lieu de rencontres leur étant réservé, mais interdit aux Gabonais à peau noire.
Puis, il ouvre un autre front de contestation en intégrant, au lendemain de la Seconde guerre mondiale, l’Union des syndicats confédérés(USC) dont il fut le secrétaire général. A ce titre, il ira représenter l’USC à la première générale du travail qui se tient à Dakar en 1946. De 1948 à 1954, il occupe les fonctions de membre suppléant du conseil privé du gouverneur du Gabon. Ensuite, Georges Damas Aleka sera élu conseiller municipal de Libreville de 1956 à 1963. Enfin, toujours pendant la période coloniale, il est représentant du Gabon au Conseil économique et social de la République française à Paris jusqu’en 1959.
En 1960 commence alors pour ce grand commis de l’Etat, une longue et riche carrière politique et diplomatique : en 1961, Georges Damas Aleka est nommé par le Président Léon Mba, Ambassadeur auprès de la Communauté économique européenne(CEE) et du Bénélux et en 1963, ambassadeur auprès de la République fédérale d’Allemagne.
Passionné de musique, il est auteur-compositeur. C’est lui qui rédige et compose d’ailleurs les paroles et la musique de l’hymne national, « La Concorde » en 1958. Il est également l’auteur d’un ouvrage célèbre : « L’homme noir », publié en 1969 aux Editions Paul Bory à Monaco. Il est également membre de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique de 1960 à sa mort.
Le hasard a voulu que ce soit lui Georges Damas Aleka qui, à la suite du décès de Léon Mba, le Père de la Nation, présidât, le 2 décembre 1967, la grande cérémonie de prestation de serment du nouveau Président de la République, Albert-Bernard Bongo, conformément à la Constitution en tant que Président de l’Assemblée nationale. De 1972 à 1977, il est haut conseiller de l’Etat. Il meurt le 4 mai 1982 à Libreville.
