« Gabonais, Gabonaises, Mes Chers Compatriotes,
Il m’est particulièrement agréable de m’adresser à vous à l’aube de cette nouvelle année toujours empreinte de solennité mais aussi de ferveur partagée par toute une nation.
Aussi voudrais-je, en mon nom propre, au nom de la Première Dame et du Gouvernement de la République , exprimer, à chacune et à chacun d’entre vous, à vos enfants, aux familles gabonaises, à nos compatriotes de la diaspora et toutes les communautés qui vivent si harmonieusement parmi nous, mes vœux les plus sincères et chaleureux de santé, bonheur, paix et réussite.
Mes vœux vont également à l’endroit de toutes les gabonaises et tous les gabonais qui sont seuls à divers titre ce soir, ou qui souffrent d’une maladie ou de toutes autres blessures et circonstances de la vie. J’exprime par ailleurs ma vive sympathie ainsi que ma compassion à celles et ceux qui ont perdu un être proche et cher au cours de l’année qui s’achève.
Je pense tout particulièrement aux veuves et aux orphelins, à tous nos concitoyens vulnérables qui vivent souvent sous la menace et la hantise de la spoliation de leurs biens, du fait de l’avidité de ceux qui sont censés les protéger et du poids de certaines de nos traditions.
Nous avons un devoir de solidarité agissante à l’endroit de tous nos compatriotes, meurtris dans leurs chairs ou atteints dans leur dignité.
C’est à ce titre que je voudrais solennellement saluer ici, l’heureuse initiative de la Première Dame, Mme Sylvia Bongo Ondimba qui a fait un plaidoyer et tenu un engagement résolu sur la question de la veuve et de l’orphelin.
Ce plaidoyer a permis à l’Etat Gabonais, par le canal de sa diplomatie, de faire adopter par l’Assemblée Générale des Nations Unies une Résolution instituant la journée Internationale de la Veuve.
Cette journée sera désormais célébrée le 23 juin de chaque année par la communauté internationale.
Mes Chers Compatriotes,
Voilà maintenant plus d’une année que je préside aux destinées du Gabon, avec une foi toujours inébranlable en notre capacité collective de relever les défis qui jalonnent le chemin difficile mais exaltant que nous avons choisi.
Sans me satisfaire pour autant de la multitude de grands travaux engagés dans notre pays, je reste persuadé que 2011 sera l’année de l’avancement de ces projets et travaux, de certaines réformes et de l’aboutissement de bien d’autres.
Une fois encore j’instruis le Gouvernement de la République à s’y atteler avec la plus grande rigueur et de m’en rendre compte régulièrement. J’y attache le plus grand prix.
Comme je l’ai rappelé il y a quelques jours, lors de ma visite dans le Woleu-Ntem, les infrastructures énergétiques sont et doivent être à la base de notre développement.
C’est pourquoi, comme c’est le cas pour la nouvelle centrale thermique de Libreville située à Alénakiri, j’ai décidé de hâter le lancement des travaux des barrages hydro-électriques de l’Okano et de Fougamou pour permettre le démarrage rapide d’autres grands projets économiques dans les domaines de l‘agriculture, des mines, de la communication, du tourisme et de la transformation de nos matières premières.
L’énergie et l’eau constituent des ressources vitales et des supports essentiels pour la vie et le fonctionnement des structures économiques et sociales.
Au cours de ce même séjour, j’ai rappelé que la route doit et demeurer au cœur de nos préoccupations au cours de l’année 2011. La route favorise l’éclosion de plusieurs activités industrielles et autres initiatives économiques en milieu urbain comme en milieu rural, qui sont génératrices d’emplois et porteuses de croissance.
Elle est certes une voie de communication entre diverses localités du pays, mais aussi un moteur de lancement de plusieurs projets intégrés de développement de nos provinces, tout en contribuant significativement au bien-être des usagers et des populations riveraines.
L’embranchement de la Route Nationale numéro 1 au Port d’Owendo en 2 fois 2 voies inscrite au titre du budget 2011, dont le démarrage des travaux est imminent, en est une parfaite illustration.
Que vaut la route sans l’électricité, l’eau, le téléphone, l’hôpital, l’école, les usines et bien d’autres services socio-économiques de base ?
C’est pourquoi j’exige du Gouvernement et de tous les acteurs une meilleure collaboration.
Tous ces services sont des supports nécessaires à l’amélioration des conditions de vie et de travail des Gabonaises et des Gabonais.
Aussi, je me réjouis de ce que l’assurance maladie ait été mise en place pour soutenir de prime abord les personnes les plus démunies de notre société. Elles sont les cibles prioritaires du lancement de l’opération d’immatriculation des assurés de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale.
C’est le signe manifeste d’une solidarité agissante que la nation accorde prioritairement aux couches les plus vulnérables.
Cette expérience est une des plus importantes sur le continent tant par son financement que par les avantages considérables accordés aux personnes démunies.
Après les personnes économiquement faibles, ce devoir de solidarité va s’étendre à l’ensemble de la population qui va ainsi pouvoir bénéficier d’une protection sociale moderne.
L’immatriculation en cours des agents de l’Etat, constitue une autre étape majeure de la mise en œuvre de cette politique sociale que je veux proche des préoccupations de la société dans son ensemble, et de ses entités spécifiques.
Dans ce même esprit, j’ai décidé de la mise en place d’un régime de pension complémentaire en faveur des agents des Forces de Défense et de Sécurité, en raison du nécessaire accompagnement de ces hommes et femmes lors de leur réinsertion dans la vie civile.
Le fonds de pension et d’investissement issu de ce régime est une mutuelle des Forces de Défense et de Sécurité. Il couvrira une assurance maladie complémentaire permettant ainsi une prise en charge intégrale des dépenses de santé de ces agents ainsi que de leurs familles, en même temps qu’il sera destiné à accompagner les soldats dans la réalisation de leurs projets de vie sociale.
Ces efforts particuliers participent de notre solidarité et de notre reconnaissance à leur endroit pour les services rendus au quotidien à la nation. Outre la défense sans faille de notre territoire national, ces compatriotes ont fait le choix de servir sous le drapeau pour veiller à notre sécurité, à celle de nos biens, et souvent au péril de leur vie.
Une réflexion devra être menée par le Gouvernement, les acteurs économiques et partenaires sociaux afin de l’élargir pour l’ensemble de notre société.
Mes Chers Compatriotes,
Telle est réaffirmée ma vision du Gabon Emergent. Commencer par savoir où l’on va est fondamental, car c’est cela qui doit désormais orienter et guider toute notre action.
Nous devons toutefois procéder, de façon méthodique, en engageant encore plus résolument les fondements que sont une bonne gouvernance et un meilleur partage des fruits de la croissance.
La bonne gouvernance constitue un fondement incontournable pour atteindre nos objectifs.
Par conséquent je souhaite que les missions de planification du développement et de concertation soient restaurées et consolidées.
L’Etat doit donner de la visibilité stratégique à tous les acteurs, libérer les énergies collectives, canaliser l’investissement vers les secteurs les plus stratégiques, et ouvrir de nouveaux pôles de développement pour notre économie.
Enfin, un des fondements essentiel de notre politique est le partage des fruits de la croissance. Le chemin de l’émergence n’est pas aisé.
En effet au bout de l’effort chaque Gabonais doit en ressentir les bienfaits : une meilleure formation pour nos enfants, des services de santé de qualité et accessibles, un habitat décent pour chacun, et des opportunités d’emplois bien rémunérés pour tous, etc.
Mes Chers Compatriotes,
A la différence de l’année écoulée, 2011 sera une année électorale et, de ce fait, l’occasion pour le débat politique de gagner en intensité.
Les acteurs politiques doivent, plus que par le passé, convaincre de la pertinence de leur projet politique pour éviter les errements constatés ces derniers temps.
La campagne électorale ainsi que toutes les opérations y relatives ne devront pas constituer un danger pour notre cohésion nationale.
J’ai foi en votre capacité de discernement pour faire le choix de l’avenir, en vous montrant attentifs aux discours et pratiques politiques qui consolident notre volonté de vivre ensemble, plutôt qu’à ceux qui le fragilisent.
J’ai donc espoir que le rendez-vous électoral de l’année 2011, consacré au renouvellement de notre Assemblée Nationale, contribuera à enraciner davantage notre jeune démocratie.
Attentif aux propositions et aux suggestions de toutes les bonnes volontés et à celles des patriotes existant au sein de notre classe politique, je travaille inlassablement à ce qu’il en soit ainsi.
Notre démarche, comme je le répète à souhait, s’inspire de la sagesse légendaire de mes illustres prédécesseurs, les Présidents Léon Mba et Omar Bongo Ondimba, qui ont été les artisans infatigables du socle sur lequel repose tout notre édifice institutionnel : la paix et l’unité nationale. Il nous appartient, tous ensemble, de consolider ces précieux acquis sans lesquels aucune construction durable n’est possible.
2011 sera une année charnière dans notre marche vers la Coupe d’Afrique des Nations de football 2012 que notre pays co organisera avec la Guinée Equatoriale. Je veillerais personnellement à ce que le Gabon soit au rendez-vous de cette organisation avec la réalisation de toutes les infrastructures d’accueils et de compétition attendues.
Gabonaises, Gabonais, Mes Chers Compatriotes,
Ayons une plus grande confiance en nous-mêmes ainsi que les uns envers les autres.
Améliorons les conditions matérielles et morales de nos citoyens, et assurons nous que demain nous bénéficierons tous, des bienfaits de la prospérité.
Je compte sur chacun d’entre vous pour adopter un comportement nouveau, ce qui permettrait d’en faire une réalité partagée par tous.
Je souhaite encore une fois à chacun et à tous une excellente année 2011.
Que DIEU vous garde et vous protège !
Je vous remercie ».
